Rendez à Dieu ce qui est à Dieu et à César ce qui est à César.

Il arrive un peu trop parfois que l’on compartimente sa vie, comme s’il y avait des tiroirs et qu’on avait plusieurs vies. Nous ne pouvons pas accrocher au porte-manteau ni notre humanité ni notre qualité de chrétien lorsque nous sortons dans la rue, entrons dans un bureau, une usine, un magasin.

Etre chrétien c’est être plus homme et un homme vit avec d’autres dans une société. Nous ne devrions jamais oublier que chacun de nous fait la société dans laquelle nous sommes. Nous la faisons à travers nos choix, notre manière d’être, les relations que nous tissons. C’est pourquoi un chrétien, qui n’a pas deux vies, rend à Dieu ce qui est à Dieu, c’est-à-dire tout ce qu’il est, et prend sa place dans la société en rendant au pouvoir temporel ce qui lui appartient.

Au pouvoir temporel appartient son rôle d’organiser la société selon ses besoins en respectant la place de Dieu (« Rendez à Dieu ce qui est à Dieu » vaut pour tous), en servant l’humanité. Dans une société chacun a une responsabilité. Cette responsabilité est peut-être encore plus grande dans une démocratie car ce système de pouvoir temporel demande encore plus de vertu de la part des citoyens. Par notre vote nous déléguons aussi une part de cette responsabilité.

Le 3 octobre 2011, lors d’un point presse à la Conférence des Evêques de France (CEF) et à sept mois des élections présidentielles et législatives, le Cardinal André Vingt-Trois interroge les électeurs chrétiens sur l’avenir qu’ils souhaitent pour leurs enfants. Ils les appellent à « privilégier l’être plus que l’avoir » et souligne les transformations de notre société dans plusieurs domaines significatifs. Il évoque, entre autres :

Le formidable développement des techniques scientifiques suscitant des désirs que rien ne semble pouvoir limiter et met en péril l’équilibre de nos existences.

L’urgence de la protection de l’embryon humain par les autorités publiques en refusant son instrumentalisation et en cessant de présenter l’avortement comme une « solution » pour les mères en difficultés.

La question de l’euthanasie qui va à l’encontre du « respect des personnes« .

Le dépistage prénatal systématique, enfin, qui peut aboutir à  « l’élimination des personnes porteuses de certains handicaps » et « remet en cause en son fondement même la solidarité envers le plus faible qui doit animer la société« .

Chacun pourra lire le texte des évêques en entier sur le lien : http://www.eglise.catholique.fr/conference-des-eveques-de-france/textes-et-declarations/elections-un-vote-pour-quelle-societe–12713.html

Nous le savons : nous n’avons rien à gagner dans la division. Jésus distingue Dieu et César, Il ne divise pas. En tant que Dieu né de Dieu, Il a respecté le rôle de César (en payant l’impôt par exemple) mais Il a rappelé à César même (du moins à son représentant) qu’il ne serait rien sans Dieu. L’homme coupé de Dieu se détruit lui-même, nous aussi !

Abbé Pierre PEYRET +