La veille est souvent associée à la nuit, et donc au silence qui l’enveloppe. Le veilleur est aux aguets, attentif au moindre bruit. S’il y a un léger craquement, il l’entend. Grâce au silence il perçoit ce qui se passe.

L’avent nous invite à faire attention à ce qui se passe : autour de nous, dans notre vie, dans notre propre cœur. Le silence permet cette attention.

Nous courons le risque en ne prenant plus le temps du silence de ne plus être chrétien ; le silence nous permet d’être chrétien. En effet, à force d’être inondé de  messages qui s’opposent à l’Evangile, à force de passer d’une information à l’autre sans avoir le recul de la réflexion, nous finissons par ne plus avoir d’autre pensée que la dernière entendue. Nous sommes submergés alors par le bruit du monde.

La question du silence prend une dimension nouvelle avec la multiplication des sources de bruit, et particulièrement du bruit de l’information. On manipule l’information mais l’information finit aussi par nous manipuler.

Nous pourrions devenir les victimes de la passion du bruit. Ne plus trouver l’espace de silence qui permet de vivre, de comprendre, d’accueillir.

Le silence nous est indispensable, il est indispensable à la nature qui a besoin de repos dans le silence. Le silence de la nuit nous permet de reprendre des forces. Ne dit-on pas que la nuit porte conseil ? Même notre esprit au repos trouve dans le silence de nouvelles solutions.

Aussi étrange que cela puisse paraître le silence concerne un acte hautement important de notre vie : la parole.

En y réfléchissant bien, c’est aussi le silence qui permet la parole. Entre chaque mot que je prononce il y a un silence, même bref, pour que ces mots soient entendus et prennent leur sens. Je peux parler aussi parce que quelqu’un m’écoute, et par son silence accueille ma parole. Sachons vivre un silence de qualité pour accueillir Dieu qui vient : la Parole faite chair.

Venue de Dieu qui se fait homme : un cri a retenti dans la nuit, le seigneur vient. C’est la Parole de Dieu qui vient résonner dans notre vie.
Possible que dans le silence.

Le temps de l’avent pourrait être pour chacun  de nous l’occasion de se donner des temps de silence. Couper la musique, la télévision… faire attention à la manière dont nous écoutons les autres… « Se taire ou dire quelque chose de mieux que le silence. »

Il ne faut pas passer sous silence le silence. Il est bon de discerner quand il faut parler et quand il faut se taire. D’autant plus qu’il y a des silences qui parlent, et même des silences éloquents : des silences qui parlent plus que notre parole. D’autres fois il faudra parler sous peine que notre silence ne nous trahisse, car qui ne dit mot consent.

Abbé Pierre PEYRET +

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