Le carême nous invite à faire l’expérience de l’amour infini de Dieu pour nous et à L’imiter. Comme nous le disions la semaine dernière nous n’avons rien à ajouter à Dieu. C’est donc nous qui avons tout à recevoir, tout à gagner. Lorsque nous imitons Dieu, nous aimons, et lorsque nous aimons nous trouvons la joie. Pour cela il faut aimer vraiment. Jacques Prévert a ce joli poème : Tu dis que tu aimes les fleurs, tu les coupes. Tu dis que tu aimes les oiseaux, tu les mets en cage. Quand tu me dis « Je t’aime », j’ai peur !

             Dieu nous apprend à ne pas nous tromper d’amour. Aimer, c’est donner. J’aime non pas lorsque je prends l’autre ou que je garde tout pour moi. J’aime lorsque je suis capable de donner, de me donner, de donner mon temps, ce que j’ai, ce que je suis. Aimer demande de sortir de soi-même.

             C’est Dieu qui nous apprend à aimer, Il nous montre ce qu’est le véritable amour. « Dieu a tant aimé les hommes, qu’Il a donné son Fils unique. » L’amour se voit à travers le don de soi.

             Les enfants voient bien que c’est difficile d’aimer. C’est que souvent on confond aimer et être content. On risque effectivement de se contenter soi-même, d’être content pour soi, ou de se contenter de peu. Mais est-ce que nous sommes contents pour l’autre ? est-ce que le bien de l’autre compte autant que notre bien ? et mieux encore est-ce que le bien de l’autre devient notre bien ? L’amour ne compte pas à la dépense. Il donne et il déborde. Il se réjouit du bien de l’autre. Il n’est pas jaloux du bien qui arrive aux autres.

     Pour notre bien, Jésus est prêt à donner sa vie en sacrifice. Et, Il le fait parce qu’Il nous aime. « Il y a plus de joie à donner qu’à recevoir. »

     Dieu nous aime, et nos égarements, nos mensonges, nos destructions ne Le contentent pas. Alors Il se donne pour nous sauver, pour nous guérir. Comme une mère donne sa vie pour sauver son enfant. Comme on donne son sang pour que quelqu’un puisse survivre.

    « Dieu a tant aimé les hommes, qu’Il a donné son Fils unique. » Il a donné ce qu’Il a de plus précieux, Il s’est donné Lui-même.

     Dieu ne se fatigue jamais de donner. La preuve, c’est que Jésus a voulu que nous Lui demandions sans cesse : « Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour. » Peut-être a-t-on appris enfant qu’il ne faut pas réclamer. Dieu, Lui, nous dit de demander chaque jour. Il nous donnera aujourd’hui ce dont nous avons besoin pour aujourd’hui. Il nous invite à la confiance, rien qu’aujourd’hui, « demain s’inquiétera de lui-même. Mais demandons pour aujourd’hui. « Nous reconnaissons combien Dieu notre Père est bon au-delà de toute bonté. » Nous demandons aussi en sachant que tout bien vient de Dieu et qu’ils sont destinés à tous. Celui qui a reçoit la grâce de pouvoir venir en aide aux autres.

     Le pain que nous demandons c’est la nourriture pour notre corps mais aussi celle pour notre âme. Pour notre corps Dieu a prévu que nous l’obtenions par notre travail. Saint Paul dit « que celui qui ne travaille pas, ne mange pas non plus. » Ce que nous demandons, c’est que le travail des hommes puissent subvenir aux besoins de tous. Pour notre âme, c’est Dieu Lui-même qui travaille. Il fait le travail dela Messe, et Il se donne en nourriture. Il est toujours le vrai Pain descendu du Ciel. Quelle grâce nous avons de pouvoir être nourri par le Christ, de sa Parole et de son Eucharistie.

      Le pain que nous demandons c’est également la nourriture pour notre intelligence : la vérité. Qu’elle ne manque à personne. Là, les enfants peuvent dire merci à leurs parents parce qu’ils font en sorte que leurs enfants ne soient pas des analphabètes, ni analphabètes en ne sachant ni lire ni écrire, ni analphabète de la foi, de la connaissance de Dieu. Tant d’enfants, de jeunes et d’adultes aujourd’hui souffrent de ne pas avoir le bon pain de la doctrine du Christ.

      Demandons à la Vierge Marie si attentive à ce qu’il ne manque rien aux enfants de Dieu, de nous donner la même attention, et de savoir prier toujours son Fils de venir combler les besoins de tous.

Abbé Pierre PEYRET +

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