En entendant l’Evangile de ce dimanche nous nous disons : « eh bien ! voilà ce qu’il ne faut pas faire ; la maison de notre Père ne doit pas devenir une maison de bandits. » L’Evangile nous parle de la place de Dieu dans le monde, dans la société, dans le paysage de nos vies. Cependant nous ne devrions jamais oublier que nous n’avons rien à apporter à Dieu, nous ne pouvons rien Lui ajouter. Dieu ne manque de rien et nous ne pouvons rien Lui enlever. Donc, finalement, c’est de l’homme dont il est question : de ce qu’il devient quand Dieu n’a plus sa place. Donner à Dieu la place qui est la sienne dans nos vies, dans la société, c’est défendre l’identité de l’homme, sa grandeur, sa dignité. Dieu est toujours le meilleur défenseur de l’homme.

      C’est pourquoi Jésus nous fait désirer et demander dans la prière dominicale : « que ton nom soit sanctifié, que ton règne vienne, que ta volonté soit faite ».

 

     Le sang de Jésus n’a fait qu’un tour, non pas qu’Il est agi sous le coup de la passion, car c’est la veille qu’Il avait constaté que le Temple était devenu une maison de trafic, mais Il voit qu’ici le Nom de Dieu n’est pas sanctifié, sa volonté n’est pas faite et son règne n’est pas près de venir. Les trois premières demandes du Notre Père sont une invitation à donner à Dieu la place qui est la sienne.

     C’est une prière ! nous ne demandons pas pour Dieu, nous demandons pour nous. Ce sont nous les bénéficiaires. Nous demandons pour recevoir de Dieu, pour recevoir Dieu.

      Le nom de Dieu sera sanctifié, si Dieu est connu. Et Dieu sera connu si sa place est marquée dans notre vie. C’est à nous de Le faire connaître pour qu’Il soit aimé et servi. C’est comme une lumière qui brille et qui éclaire ceux qui s’approchent. Jésus nous invite à être lumière : « Que votre lumière brillent devant vos frères afin qu’en voyant vos bonnes œuvres ils glorifient votre Père qui est aux Cieux. » Son Nom est notre lumière, sa présence est notre lumière. Dieu est-Il suffisamment présent dans ma vie pour qu’Il  en soit la lumière ?

      Dieu n’habite pas un temple unique comme le pensaient les Juifs. Il veut habiter le cœur de tout homme. Ne savez-vous pas que vous êtes les temples de Dieu ? C’est le temple de notre âme, celui de notre corps ; nous ne pouvons pas le souiller. L’homme n’est pas fait pour être trafiqué.

      Quand nous demandons à Dieu qu’Il règne, nous demandons un triple règne. Et, là où Dieu doit régner en premier c’est d’abord dans nos âmes, dans nos vies. L’Evangile de ce dimanche se termine par « Jésus savait ce qu’il y a dans le cœur de l’homme. » Il nous connaît, Il sait que le cœur de l’homme est compliqué mais Il sait surtout, Lui par qui tout a été fait, de quoi a besoin le cœur de l’homme. Il connaît la soif, le désir profond qui nous habite : « Si tu savais quel est celui qui te demande à boire, dit-Il àla Samaritaine, c’est toi qui lui aurait demandé l’eau vive… Celui qui boit de cette eau n’aura plus jamais soif. » Dieu règne dans notre âme habitée par l’eau vive de la grâce. Dieu doit encore régner dans le monde par son Eglise. Si l’Eglise est de Dieu alors elle sera de tous les hommes. L’Eglise n’est pas partisane. Comment défendons-nous les valeurs fondamentales que sont la liberté, la vérité et la justice, vécues dans la charité  ?

      La troisième demande nous donne le chemin à suivre : faire la volonté de Dieu. C’est peut-être le plus difficile parce que c’est le plus concret, le plus contraignant. Non pas ma volonté mais ta volonté, Seigneur. Ce ne sera pas contraignant si nous aimons la volonté de Dieu, si nous la cherchons de tout notre cœur, si nous l’embrassons sans retenue quand nous l’avons trouver.

     Ce ne sont pas les opinions dominantes dans la société que nous voulons suivre : nous voulons accomplir la volonté de Dieu parce que Dieu veut toujours le bien des hommes. Si les opinions qui dominent la pensée s’opposent à la volonté de Dieu : je n’en veux pas.

      En célébrant l’Eucharistie, nous glorifions le Nom de Dieu de la meilleure manière, nous Lui donnons sa place maintenant pour qu’Il soit présent dans toute notre vie. Nous hâtons la venue de son règne et nous recevons la force de vivre selon sa volonté.

Abbé Pierre PEYRET

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