Durant le Carême nous montons sur la montagne avec Jésus. Il nous y invite, répondons-Lui ! La montagne est le lieu de la révélation de Dieu, le lieu où Dieu fait alliance avec les hommes. C’est sur une montagne, le Sinaï, que Dieu a donné à Moïse les dix commandements. C’est sur la même montagne qu’Elie avait rencontré Dieu. Il l’avait vu mais seulement de dos, pas de face.

      C’est sur la montagne (le Mont Thabor) que Jésus révèle la face du Père et que le Père fait de nouveau alliance avec nous. En Jésus l’alliance est établie de manière définitive. Après, Dieu n’a plus rien a rajouté.

      La montagne, comme lieu pour rencontrer Dieu, nous dit que Dieu est plus grand que nous, placé au-dessus de nous, qu’Il est avant nous. Nous disons la même chose ou plutôt Jésus nous fait dire la même chose dans la prière du Notre Père. « Notre Père qui es aux Cieux ». Dire que Notre Père est aux Cieux veut dire que ce Père n’est pas comme notre papa de la terre, il n’est pas notre égal, homme comme nous mais il est autrement plus grand. Il est différent de nous et pourtant Il est Père. Cela ne signifie pas que Dieu soit dans les nuages ou sur la lune. Non ! car ce Père n’est pas loin ni lointain. Il est toujours plus que ce que nous pouvons en comprendre. Nous ne pouvons pas Le saisir, L’enfermer. Il est Père de manière unique comme Dieu qui est unique.

      Retenons que les Cieux ne désignent donc pas « un lieu mais une manière d’être : Dieu est au-delà et au-dessus de tout ». Cette expression nous dit la majesté et la sainteté de Dieu. Les montagnes nous impressionnent : elles sont pleines de majesté. Dieu encore plus ! Sur les sommets des montagnes, l’air est pur, sans mélange. Dieu encore davantage : en Lui pas de mélange, Il est infiniment saint, le seul Saint.

      Le Ciel est là où est Dieu. Les Cieux nous parlent alors aussi du cœur des justes : Dieu est présent dans le cœur de ceux qui L’écoutent et qui L’aiment.

      En Jésus, notre Père nous a montré tout son amour. On ne peut pas séparer Jésus et le Père, connaître Jésus c’est connaître le Père qui s’est fait tout proche. Sur la montagne Il nous le dit, on dirait même qu’Il n’a que cela à nous dire : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé. Celui en qui j’ai mis tout mon amour. Ecoutez-Le.» Le Père a mis tout son amour dans le Fils : vous voyez bien donc que ce n’est pas un Père indifférent. Il ne nous ignore pas. Il ne nous oublie pas. Il ne manque pas de générosité. Il n’a pas plus d’amour à nous donner puisqu’en Jésus Il a mis tout l’amour qu’Il avait, qu’Il a et qu’Il aura.

      Nous sommes faits pour le Ciel, pour la maison du Père. C’est là que nous avons notre demeure. Jésus nous montre comment y vivre, ce que nous devons désirer, ce que nous devons faire. Après avoir nommé le Père et dit qui Il est, Jésus nous montre le chemin, ce que nous devons rechercher le plus, par où nous devons passer. Dans la prière du « Notre Père » il y a sept demandes. Ecoutons-les pour les faire nôtres. Apprenons de Jésus comment gravir la montagne où Dieu nous attend, mieux encore où Il nous accompagne. Dieu n’est pas loin quand Il se donne dans son Fils. L’Eucharistie est désormais la montagne de Dieu sur la terre.

 Abbé Pierre PEYRET +

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