Nous chantons « Hosanna ! » c’est-à-dire « Sauve-nous ! aies pitié de nous !». De manière presque spontanée cette prière s’élève de nos lèvres quand nous vivons une détresse personnelle, lorsque nous ressentons l’angoisse ; lorsque le mal s’abat aveugle, injuste, impitoyable. Jésus Lui-même a ressenti cela : « Mon âme est triste à en mourir. » Cependant Il n’a pas écarté la coupe qui Lui était tendue, Il l’a bue jusqu’au bout. Pour vaincre le Mal, pour résister à la tentation de la fuite Il s’est confié totalement aux mains de son Père. Dans cette lutte, Jésus est descendu jusqu’à fond du gouffre pour délivrer l’homme du Mal. C’est le sens de son cri surla Croix« Mon Dieu, mon Dieu pour quoi m’as-tu abandonné ? » Il s’agit du début du Psaume 22. Il ne faut pas s’arrêter bien-entendu au début, il s’agit de le poursuivre, et le psaume se termine par un cri d’espérance : « de la gueule du lion tu m’as retiré. » Jésus a assumé toute l’histoire de l’homme, toute notre histoire qui nous entraîne si souvent loin de Dieu.

             Ce que Jésus dit aux apôtres, Il nous le dit à nous aussi : « Vous allez tous être exposés à tomber. » Le Mal qui nous guette, la tentation qui rôde autour de nous est peut-être différente, elle procède néanmoins de la même source, et cette source doit être démasquée. Il en va de notre humanité, de notre vie. Ce n’est pas pour rien que Jésus nous fait demander dans le Notre Père « Ne nous soumets pas à la tentation mais délivre-nous du Mal. » Nous demandons ce qui nous est nécessaire.

             Ce qu’il nous faut c’est la capacité à faire la différence entre le bien et le mal. Cela n’est pas une question d’opinion, ne dépend pas d’un parti politique, pas même de convictions religieuses. Jésus rend simplement témoignage à la vérité, Il fait toute chose bien. Il ne verse le sang de personne ; Il verse son sang pour rendre aux hommes leur dignité. Cette dignité que notre monde refuse si souvent à l’homme. Aujourd’hui les tentations sont multiples, à nous de ne pas y consentir. Nous ne devrions jamais consentir par exemple à l’acte de donner la mort (l’euthanasie, l’avortement), à la violence.

             Jésus a vaincu la tentation par la prière. Nous avons besoin de lumière pour que la nuit du Mal ne nous enveloppe pas. Le Mal s’oppose à Dieu, Bien suprême. Le Christ a remporté la victoire. A nous de Le suivre, de Lui demeurer unis. Nous demandons au père de nous aider à persévérer dans le bien jusqu’au bout.

 Abbé Pierre PEYRET +

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