Nous voici parvenu au quatrième et dernier dimanche de l’Avent. Noël et sa joie sont tout proches, et l’Evangile nous fait entendre une béatitude, la béatitude de la foi : « Heureuse celle qui a cru ! ». La foi apporte la joie, le bonheur de la présence de Dieu. Marie a cru, elle a eu foi en Dieu, et sa foi a ouvert à Dieu la porte de son cœur, un espace dans sa vie. Elle est entrée en dialogue avec Dieu, un dialogue intime, d’une grande intensité : elle porte Dieu en elle. Nous aussi, d’une certaine manière, nous sommes invités à faire la même expérience. Dieu désire habiter nos vies, entrer en dialogue avec nous, nous donner la joie de sa présence dans la foi. C’est bien cela qui nous est donné de vivre à chaque fois que nous recevons le Seigneur dans la SainteEucharistie. Dieu descend, se fait proche et voilà que nous pouvons nous élever vers Lui : telle est la prière chrétienne, « une élévation de l’âme vers Dieu ou la demande faite à Dieu des biens conformes à sa volonté. » Abrégé du Catéchisme de l’Eglise Catholique 534

             La foi crue, la foi célébrée et la foi vécue s’épanouissent dans la foi priée. La prière est une manifestation de foi. Dieu est là, et je Lui parle ; je me tourne vers Lui et je L’accueille dans ma vie. C’est ce que signifie la prière. Bien davantage, c’est ce qu’elle permet. L’homme qui prie ressemble devant Dieu à une éponge : plongé en Dieu, il absorbe les dons de Dieu, il peut être imbibé des manières de Dieu, de ses volontés. L’homme qui ne prie pas ressemble à une pierre : il entend la Parole de Dieu, il est présent mais rien ne pénètre en lui. La prière ouvre les portes de notre cœur. Elle dit à Dieu : « Je suis prêt à T’accueillir. Viens demeurer en moi. Je veux ce que Tu veux. » Dieu ne force jamais la liberté de l’homme. Il ne s’impose pas. Il est là, prêt à venir, Il attend notre permission. La prière est en quelque sorte le thermomètre de notre foi.

             « Heureuse celle qui a cru. » Nous le disons maintenant à la Vierge Marie avec sainte Elisabeth. Elle est belle la foi de la Vierge Marie qui a permis à Dieu de prendre chair en elle. Cette foi, nous la touchons pour ainsi dire du doigt en voyant comment la Mère de Jésus prie. La prière de Marie est constante : elle médite dans son cœur, elle garde tous les événements de la vie de Jésus, elle exprime sa louange à Dieu dans le Magnificat. Plus tard, à Cana, elle dira simplement à son Fils les besoins des hommes, sans rien exiger, sans rien suggérer de plus. Elle invite simplement à avoir confiance, à entrer dans l’obéissance de la foi : « Tout ce qu’Il vous dira, faites-le ! »

            « Notre prière est efficace parce qu’elle est unie dans la foi à celle de Jésus. » Abrégé du Catéchisme de l’Eglise Catholique 545          

            Vouloir ce que veut Jésus, c’est le sommet de la prière, le but de la foi. Il est certain que ce que veut Jésus ne peut qu’être pour notre bien. Ce que Dieu veut Il le fait. Sauf qu’Il ne le fait jamais contre nous, ni sans nous. Dans la prière, par notre prière, nous Lui disons notre disponibilité. Notre volonté s’accorde à la sienne. Nous ne prions pas pour dicter à Dieu ce qu’Il a à faire. Nous prions pour apprendre de Dieu et Lui permettre de réaliser en nous sa volonté.

             Jésus nous a appris le Notre Père, une prière qui sort de son cœur divin avec des mots humains, une prière divine faite pour les hommes, une prière humaine faite pour Dieu.

Abbé Pierre PEYRET

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