Le chemin de la foi nous est maintenant ouvert, il a été aplani, Jésus nous a dit tout ce que nous avions à savoir et nous l’avons rencontré. Mais cela ne suffit pas. Il reste une transformation à opérer : ce que nous savons, Jésus, doit devenir vie, la vie de notre vie. La foi connue, la foi crue doit devenir la foi célébrée à travers la célébration chrétienne de la liturgie, à travers les sacrements.

            C’est comme une maman qui veut faire le repas : il ne suffit pas qu’elle ait lu la recette dans le livre pour que le repas soit fait, elle doit encore mettre la main à la pâte. C’est comme un enfant qui veut apprendre la musique ou le judo : lire dans un livre comment faire, connaître les règles ne suffit pas. Savoir n’est pas pouvoir. Dieu nous donne la vie de la foi par les sacrements.

             « Tout homme verra le salut de Dieu. » Conduire les hommes à Jésus, c’est les conduire aux sacrements. La foi n’est pas une science réservée aux savants. Dieu veut s’approcher de la vie de chacun, partager sa vie, la visiter, l’embellir, l’accomplir.

             Le Concile Vatican II dans la constitution sur la liturgie (SC59) dit : Non seulement les sacrements supposent la foi, mais encore, par les paroles et les choses, ils la nourrissent, ils la fortifient, ils l’expriment ; c’est pourquoi ils sont dits sacrements de la foi.

             Pour recevoir les sacrements, il faut avoir la foi. Je désire d’autant plus quelque chose que je sais le bien qu’elle m’apporte. Plus je comprends que c’est Dieu qui agit dans les sacrements, plus je perçois le trésor de grâce qu’ils communiquent, plus j’ai le désir de les recevoir. Peut-être encore plus que de les recevoir, de les vivre. Les sacrements sont source de vie, ils animent notre vie, ils la raniment parfois.

             Ce que Jésus a fait pour tous les hommes, dans sa Passion  et sa Résurrection, doit arriver maintenant, au cours des siècles, à chaque homme, aux hommes de toutes les époques. Ce sont les sacrements qui font ce lien. C’est comme les câbles qui apportent l’électricité dans chaque maison. Toute l’électricité vient de la centrale électrique mais si une maison n’est pas reliée, elle n’aura pas de lumière, d’énergie. Un homme sans sacrement, c’est un homme qui n’est pas relié au Christ. Nous sommes liés aux sacrements pour que le Salut de Dieu vienne jusqu’à nous.

             Conduire les hommes au Salut, à Jésus, c’est les conduire aux sacrements. Comment les conduire si nous-mêmes ne vivons pas des sacrements ?

             Demandons à Dieu une conscience renouvelée de la puissance des sacrements, de la puissance avec laquelle Dieu agit dans les sacrements.

             Les sacrements demandent notre foi. Ils ne sont pas des actes magiques, une superstition de plus. La superstition est entourée d’étrangeté, de secret, de formules bizarres, marmonnées, ou en un langage étrange. Rien de tel dans les sacrements.

             Aucun sacrement n’est muet ; ils sont tous faits d’une parole, une parole que notre esprit comprend, une parole dont tous les mots ont un sens, que Dieu a voulue ; une parole que le signe rend visible et qui devient efficace.

             Les sacrements, c’est Jésus qui continue de réaliser son œuvre de Salut. Ils rendent visible Jésus : « Ce qui était visible dans notre Sauveur est passé dans les sacrements. » St Léon le Grand.

             C’est particulièrement vrai pour le plus grand des sept sacrements, la Sainte Eucharistie. C’est l’œuvre de notre Salut qui s’accomplit à chaque fois. C’est Jésus qui se rend présent au milieu de nous. Dans l’Eucharistie se trouve illustré de manière suprême ce que le Concile Vatican II affirme :

             Les sacrements ont pour fin de sanctifier les hommes, d’édifier le Corps du Christ, enfin de rendre le culte à Dieu. Vat. II SC59

 Abbé Pierre PEYRET

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