Je vous invite à monter en voiture, certes pas n’importe laquelle ! mais dans la voiture de la foi. La foi, comme toute voiture, a quatre roues. Nous avons déjà vu les deux premières : la foi crue, ce que nous croyons parce que Dieu l’a fait connaître; et nous y adhérons de tout notre cœur, avec notre intelligence, et la foi célébrée, rendue vivante dans les sacrements qui nous relient à Jésus, qui nous font vivre de sa vie. Deux roues, c’est déjà quelque chose; ce n’est pourtant pas suffisant. Les quatre roues sont nécessaires sinon il est impossible d’avancer. Il nous faut donc encore les deux autres.

             L’Evangile du troisième dimanche de l’Avent nous introduit directement à la troisième : la foi vécue. « Que devons-nous faire ? » Toute rencontre avec Dieu dans la foi finit forcément par poser cette question : Que dois-je faire ? Comment puis-je répondre à Dieu ? A son amour pour moi ? à la vie qu’Il me donne ? Qu’est-ce que Dieu change dans ma vie ? Qu’est-ce que cela fait que Dieu soit ? La foi n’est pas une idée. La foi est vie.

             En préparant Noël, nous comprenons de manière très claire que Dieu s’intéresse à notre vie de chair et d’os. Dieu ne reste jamais au balcon du Ciel, se penchant lointainement sur le cas des hommes. Il se déplace ; Il se donne la peine de se déplacer. Il a pris un corps comme le nôtre, Il a eu faim, Il a dormi, Il a travaillé, Il a accueilli les enfants, Il a lié amitié avec des hommes et des femmes. Il s’est fait semblable à nous en tout, hormis le péché. Lorsque nous nous demandons « Que devons-nous faire ? », nous savons qu’en regardant Jésus nous trouverons une réponse sûre, un modèle de décision et d’action. La foi et la vie ne peuvent pas être séparées. Notre foi ne peut jamais être étrangère à ce que nous vivons ou à la vie des hommes. Dieu n’a pas fuit notre monde, Dieu ne se désintéresse pas du sort des hommes. Tout au contraire ! La foi n’est pas un vêtement que l’on met et qu’on enlève suivant les lieux où on se trouve. Soit elle éclaire notre vie, l’imprègne, soit elle n’est pas. Comme l’écrit l’apôtre saint Jacques : « Moi, c’est par mes œuvres que je te montrerai ma foi. »

             Tous ceux qui ont rencontré Jésus en vérité ont vu leur vie se transformer, parce qu’avec Jésus ils ont trouvé le sens de la vie, découvert que la vie est belle, est bonne quand elle est vraie.

            « Que devons-nous faire ? » La foi vécue nous dit que la Parole de Dieu est le chemin du bonheur. Elle nourrit notre conscience. Nous avons tous une conscience : elle nous dit « Fais le bien. Evite le mal. » La conscience est la manifestation la plus grande de notre liberté. Il faut donc penser que l’inconscience est la manifestation la plus grande de l’esclavage. Inconscient est celui qui ne recherche pas la vérité ou qui appelle bien ce qui est mal.

            Il est très important que notre conscience soit droite, et pour cela formée. Les parents ont un rôle important dans la formation de la conscience des enfants, à condition que leur propre conscience soit déjà formée. Comme nous le rappelait l’évangile du premier dimanche de l’avent : « Que les soucis, la débauche ou l’ivrognerie » n’aient pas anesthésié notre conscience. A chaque fois que l’homme pactise avec le mal, il affaiblit sa conscience. Il s’arrange avec la vérité, avec le bien, mais ça n’arrange pas du tout ses relations avec les autres, ni avec Dieu.

            Notre conscience se forme par l’éducation, la Parolede Dieu, l’enseignement de l’Eglise. « Que devons-nous faire ? » A cette question le catéchisme répond par les béatitudes et les dix commandements. Il nous invite à développer en nous la capacité au bien et l’horreur du péché.

             Jésus, toujours présent, nous rend capables de vivre la vie nouvelle des enfants de Dieu. Rencontrons-Le de tout notre cœur. Il nous montrera ce que nous devons faire, Il fera même des choses plus grandes.

Abbé Pierre PEYRET