Nous voilà en ce début de nouvelle année liturgique encouragés ! Dieu nous encourage dans sa Parole. « Relevez la tête ! », « Faites donc de nouveau progrès. » « Ne soyez pas paresseux ! ». Ce n’est pas moi qui vous le dis, c’est Dieu Lui-même. La phrase exacte est « Ne soyez pas paresseux dans la foi ! ».

            Ceux qui se mettent en route, ceux qui découvrent le Christ et qui désirent le baptême nous encouragent en ce sens. Il y a une soif de découvrir Dieu, de Le connaître, d’apprendre de Lui.

             L’Avent comme préparation à Noël est une bonne occasion de nous mettre enfin en route dans cette année de la foi. La paresse dans la foi est mortelle, elle fait disparaître Dieu de la vie des hommes, elle fait tomber dans l’ignorance et ouvre la porte au mal.

             La paresse nous rend dépendants. Etre paresseux, c’est se condamner à ne jamais pouvoir se débrouiller soi-même, c’est se livrer à la manipulation des autres. Si je veux que quelqu’un ait besoin de moi, c’est bien simple : il suffit que je ne lui dise pas tout, que je ne lui donne pas le mode d’emploi, il sera obligé de me demander, et je pourrai très bien le faire marcher, le faire aller là où je veux.

             Dieu n’agit pas ainsi à notre égard. Il nous a révélé tout ce dont nous avons besoin. Il nous montre le chemin, Il met à notre disposition tous les moyens pour que notre vie soit éternellement pleine, accomplie.

             Etre paresseux dans la foi, c’est se condamner à l’ignorance et finir par affirmer que Jésus est venu pour rien, qu’Il est inutile au monde.

              L’Evangile de ce jour nous le dit bien, et, malheureusement, cela ne se confirme-t-il pas autour de nous ? « les cœurs s’alourdissent…  dans la débauche, l’ivrognerie et les soucis de la vie. »

C’est la fatale conséquence d’une vie qui n’est plus éclairée par la foi.

             Alors frères et sœurs bien-aimés, relevons la tête, appuyons-nous sur la foi que donne le Seigneur ! S’appuyer sur la foi, c’est comme s’appuyer sur ses jambes.

            Les jambes de la foi, c’est, premièrement, Dieu qui se révèle, qui se fait connaître, qui nous dit qui Il est, et, deuxièmement, notre adhésion à Lui. Il faut les deux : les vérités de la foi, et notre adhésion à ces vérités ; ce que Dieu nous dit de Lui, ce qu’Il nous fait connaître avec certitude, et notre confiance, notre accueil de tout ce qu’Il est. Ce sont les vérités de la foi, d’une part, et notre confiance, notre fidélité, d’autre part. Ne soyons pas unijambistes, ni culs de jatte. N’avançons pas à cloche-pied. L’Année de la foi nous invite à reprendre tout le contenu de notre foi.

             Notre monde et particulièrement les jeunes sont frappés d’une double ignorance, une ignorance qui touche malheureusement aussi beaucoup de personnes baptisés : ignorance de la foi, de son contenu, des vérités éternelles ; et ignorance de la certitude que nous donne Jésus de ces vérités. Il s’agit de reconnaître l’autorité de Jésus sur toute autre personne, autorité qui n’est pas usurpée, qui n’est pas non plus celle de la force qui s’impose par la violence. C’est l’autorité de Dieu Lui-même mais de Dieu qui s’est fait humble, de Dieu venu visiter l’homme comme un petit enfant.

             Jésus enseigne avec douceur des vérités fermement établies. Il donne à notre intelligence tout le contenu de la foi.

             La foi ne s’oppose pas à l’intelligence. L’intelligence trouve de nouvelles lumières dans la foi.

             Prenons l’engagement durant ce temps de l’Avent de grandir dans la foi, dans l’intelligence de la foi. Pour cela écoutons la Parole de Dieu, lisons ou relisons le catéchisme, mettons-nous à genoux et faisons un acte de foi en la présence de Dieu. Prenons Dieu avec nous comme Lui-même nous y invite dans l’Eucharistie, et permettons-Lui d’être présent dans nos journées. Laissons-Le marcher avec nous partout où nous conduisent nos deux jambes.

 Abbé Pierre PEYRET

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