Revenir à la vie ! voilà ce que le Seigneur désire pour nous, ce qu’Il veut de tout son cœur ! C’est ce que nous rappelle le credo comme en écho à la parabole du fils prodigue de l’Evangile  :

 « Pour nous les hommes et pour notre salut, Il descendit du Ciel. »

               Dieu vient nous chercher là où nous sommes, c’est pour quoi Il mange avec les pécheurs. Il n’a pas peur de perdre sa pureté, d’être contaminé, aucun risque de ce côté là. Manger avec les pécheurs, c’est ce que Jésus fait, et ce que les pharisiens Lui reproche. Alors Jésus emploie une image forte, voire intolérable pour un juif : le fils auraient bien voulu manger ce que manger les porcs. Un juif ne mangeait pas avec un païen parce que manger ensemble signifie partager la même table mais surtout la même vie. Manger ensemble, c’est entrer en communion avec l’autre, devenir convives. Le porc, nous le savons, est pour l’Ancien Testament un animal impur, il représente l’impur par excellence. Cette image, employée à dessein par Jésus, nous dit dans quelle misère est tombée le fils qui est parti loin de son Père. Jésus veut choquer, Il veut créer un électrochoc. Voilà où entraîne le péché. Ce qui est impur ce n’est pas le porc, c’est le péché qui coupe de Dieu, qui prive l’homme de la vie surnaturelle pour laquelle il est fait. Mais Dieu ne se laisse pas arrêter.

 « Pour nous les hommes et pour notre salut, Il descendit du Ciel. »

              Dieu quitte sa maison ; là où est Dieu, là est le Ciel, et Il vient, Il descend, Il s’abaisse jusqu’à nous. Dieu se met à notre hauteur. Il franchit tous les obstacles, Il nous affranchit de la distance que nous avons mise entre nous et Lui : « Le fils partit pour un pays lointain. »

             Mais Dieu n’est pas lointain. Saint Paul affirme cette chose qui devrait nous étonner et nous émouvoir : « Celui qui n’a pas connu le péché, Dieu l’a pour nous identifié au péché des hommes. » Pour sauver l’homme, il faut venir au plus près. Il faut faire ce que l’homme est incapable de faire. Le fils de l’Evangile voyait bien qu’il ne pouvait pas revenir en arrière, il a perdu sa dignité de fils et il est incapable de  se la rendre à lui-même. Seul le Père, dans sa largesse et parce qu’Il est Père peut lui rendre sa condition de fils : Il lui rend son plus beau vêtement, Il lui passe l’anneau au doigt.

             Nous nous souvenons peut-être qu’après le péché originel l’homme s’est vu nu, et Dieu l’a habillé, Il l’a couvert d’un vêtement. St Irénée dit que avant le péché, cette rupture d’amour envers Dieu, l’homme était revêtu d’un vêtement de Gloire. Jésus vient nous rendre ce vêtement. Il nous habille de sa Gloire, Lui qui vient du Ciel.

             L’anneau au doigt, quant à lui, signifie l’alliance rétablie. Dieu fait alliance avec l’homme, Il est fidèle. Et, Il répare nos infidélités.

             A nous de prendre le chemin du retour : nous le faisons dans le sacrement de réconciliation et de pénitence, la confession. A nous d’être les convives de Dieu ! Il nous invite à son festin, le festin des noces de l’agneau. Il est Lui-même notre nourriture, Corps livré et Sang versé de l’Alliance nouvelle et éternelle.

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