Le don de l’Esprit-saint n’est pas réservé à quelques privilégiés : il est aussi pour nous ! Dieu envoie son Esprit pour donner à tous la jeunesse de sa Vie. C’est l’Esprit-Saint qui fait l’Eglise jeune, c’est-à-dire vivante de la vie du Christ. Le don de l’Esprit-Saint n’est pas quelque chose de passé, voire de dépassé : il est pour aujourd’hui. Les promesses du Christ sont éternelles et c’est cela la jeunesse de Dieu. Il nous dit que notre fidélité se mesure à la manière dont nous gardons ses paroles ; pour cela nous avons un allié, l’Esprit-Saint, qui nous rappelle tout. Rien n’est perdu pour nous, et surtout pas la mémoire. C’est embêtant quelqu’un qui a la mémoire courte, il est perdu, il ne sait pas qui il est ni où il va, ou ce qu’il doit faire. C’est le drame de celui qui a oublié Dieu ou qui a fermé la porte de son cœur à l’Esprit-Saint. Ouvrons lui l’espace de notre vie, laissons son souffle nous renouveler comme on assainit l’air d’une pièce trop longtemps restée fermée. Celui qui est jeune ne manque pas de souffle. Le souffle de l’Eglise, c’est l’Esprit-Saint, et c’est le nôtre.

            L’Esprit-Saint fait de nous des témoins. Pour produire son œuvre le souffle doit passer à travers un instrument : l’orgue résonne de belles notes parce que l’air traverse les tuyaux ; le bateau avance parce que le vent s’engouffre dans les voiles tendues. Il y a un souffle à chaque fois mais il y a aussi un instrument, un organe qui vibre sous l’action de ce souffle. Le souffle de l’Esprit-Saint est à l’œuvre parce que nous acceptons d’être des témoins. Sans nous, sans notre disponibilité à son action, l’Esprit-Saint ne peut agir.

             Il me semble que l’obstacle le plus grand que nous opposons aujourd’hui à l’action de l’Esprit-Saint est la distinction que nous faisons consciemment ou pas entre public et privé, une distinction que l’idéologie contre Dieu tend à imposer à la société dans les domaines où elle veut elle s’imposer. Si l’Etat est laïc, et il y a bien des manières en Europe pour l’Etat d’être laïc, la société, elle, est religieuse, parce que l’homme est un homme naturellement religieux, et que la société est composée d’hommes, de femmes, d’enfant naturellement religieux. En chaque homme se rencontre ce qui est privé et ce qui est public.

             Où s’arrête la vie privée ? et où commence la vie publique ? le jour de la Pentecôte les apôtres sont sortis sur la place publique, ils ont quitté le lieu fermé où ils se tenaient poussés par l’Esprit-Saint. Il ne suffit pas que les chrétiens professent dans leur vie privée la doctrine de l’Evangile et celle de l’Eglise sur la vie, la famille, l’éducation, la liberté, le travail… Ils doivent savoir qu’il s’agit là de sujets décisifs pour le bien commun de leur pays, et ils doivent faire en sorte, par tous les moyens normaux à leur portée, que ces sujets soient traités de manière adéquate dans les textes juridiques, dans la vie de la société, dans les choix qui sont faits et qui ont une influence sur la vie de tous.

             La passivité face aux idéologies et prises de position des autres citoyens sur des affaires aussi graves, serait en réalité un renoncement au bien commun, une manière de ne pas accomplir son devoir ou même une lâcheté face au mal.

             Le témoignage que nous demande l’Esprit-Saint n’est pas une ingérence dans la vie privée des gens. Il n’est pas plus une imposition de notre vie à la vie publique. L’Esprit-Saint souffle pour tous. Il fait de nous des témoins d’une vérité qui n’est pas nôtre, qui n’est pas privée mais publique.

            En l’année de la foi, cela prend un sens particulier. Tous nous sommes appelés à être témoins : témoins de la foi, témoins des merveilles de Dieu. Notre devoir est de montrer par un témoignage clair, palpable, l’Amour de Dieu pour les hommes.

Tagged with: