Le mois de novembre est traditionnellement dans l’Eglise un mois consacré aux fins dernières et à la prière pour les défunts. Il commence avec la joie du Ciel et tous les saints et bienheureux qui chantent la Gloire de Dieu, c’est-à-dire la splendeur de la vie dont ils jouissent pleinement et indéfiniment sans que rien jamais ne puisse venir ternir cette joie.

             Le lendemain, 2 novembre, ouvre une période davantage consacrée aux âmes du purgatoire dont le salut est assuré mais qui ont besoin de notre charitable prière, de notre proximité avec Dieu, de notre aide, pour atteindre plus rapidement la parfaite union à Dieu.

             Enfin, plus nous approcherons du terme de l’année liturgique, plus les textes de la Parole de Dieu attireront notre attention sur notre propre fin, plus exactement le jour où nous-mêmes quitterons cette terre pour entrer dans les demeures éternelles.

Un chrétien, comme un homme véritable, ne craint pas de parler de la mort, elle fait partie de notre vie comme de celle de tout homme. Cependant il n’en parle pas n’importe comment : il ne la cache pas, il n’a pas de goût morbide pour elle non plus ; Il n’est pas hypnotisé par elle, il ne la snobe  pas plus ; il ne la cherche pas, il ne la fuira pas quand son moment arrivera.

             Il ne faut pas confondre la mort et les signes de la mort comme s’ils disaient tout d’elle (Il ne respire plus. Son cœur s’est arrêté. Il ne donne plus signe de vie). La mort, radicalement, est la séparation de l’âme et du corps. Le corps est inanimé parce que l’âme s’en est séparée. La mort ainsi est un passage, passage d’un état à un autre, passage d’un monde à un autre comme l’enfant naît et passe du monde amniotique (où il ne respire pas !) au monde aéré (où il prend l’air à plein poumon).

             Le chrétien lit sa mort à travers celle du Christ Jésus et à la lumière dela Résurrection.

La mort fait peur, c’est son rôle ! La Bible nous apprend que la peur est entrée dans le monde et dans le cœur de l’homme quand il a commencé à mourir. Tant que la mort n’existait pas l’homme n’avait pas peur. Jésus a voulu arracher au diable cet instrument de la mort dont il se servait pour nous terroriser. Le chrétien n’apprivoise pas la mort comme ceux qui jouent à se faire peur en fleurant le danger. Le chrétien voit déjà au-delà de la mort, qu’elle n’est que le passage vers la victoire de la Résurrection, vers la Vie que Dieu veut voir triompher en chacun de ses enfants.

             Il reste que la mort nous échappera toujours. Nul ne peut en faire l’expérience pour en témoigner ensuite. Elle nous demande donc une certaine humilité.

Abbé Pierre PEYRET +

Tagged with: