Je reviens d’un séjour à Prague en république tchèque où j’ai rendu visite à ma filleule Bérénika. Durant la messe célébrée le dimanche j’ai remarqué quelques différences par rapport à nos usages ici à Saint Laurent. Les enfants qui ne communient pas ne viennent pas les bras croisés mais avec  un doigt sur la bouche. Heureusement il ne m’a pas fallu trop longtemps pour comprendre ce geste très significatif puisque le chemin de la bouche est fermé mais il évoque aussi le silence. S’agit-il de celui qu’on espère ou parfois même qu’on exige dans les églises ? En tout cas là-bas comme ici les enfants font du bruit ! Tant mieux çà veut dire qu’il y a des petits ! A la fin de la messe nous avons même écouté un chant qu’ils avaient préparé et qui a été bien applaudi (le curé lui n’a pas applaudi.) Qu’on se le dise tout ce bruit signe et manifestation de vie n’est pas un empêchement au recueillement et au silence intérieur.

          Je me rappellerai toujours le vacarme de la rue qui envahie la chapelle du couvent de Mère Teresa à Calcutta. Nous n’arrivions même pas à entendre la prédication si ce n’est tôt le matin et pourtant les sœurs étaient si recueillies attentives et priantes ! Depuis ce jour je sais prier dans le bruit. J’ai pris la décision de ne plus grogner pour çà. Mais rien ne remplace un profond silence comme celui qui enchante les liturgies à Taizé, comme celui qui nous saisi intérieurement à chaque élévation et que même la sonnette ne peut pas rompre. Un silence parlant, un silence qui nous fait toucher le sacré, un silence qui est instant de grâce ! C’est ce silence là qu’il nous manque parfois durant nos liturgies, il dépend avant tout de chacun de le vivre, créer un climat favorable à ce silence, faire l’effort soi-même d’y entrer et de le recevoir comme un cadeau même à coté d’un bébé qui pleure. C’est pourquoi nous proposons durant le temps du carême de prendre  ensemble un long temps de silence avant l’acclamation de l’évangile. Entrons dans notre carême avec ce silence intérieur et réparateur.

« Je tiens mon âme égale et silencieuse ; mon âme est en moi comme un enfant, comme un petit enfant contre sa mère » Psaume 130 verset 2 (La traduction des psaumes n’a pas été modifiée dans les nouveaux lectionnaires).

 

Propositions à vivre durant ce temps de Carême