Le défi, c’est de vivre son propre engagement de façon à ce que les efforts aient un sens évangélique et nous identifient toujours davantage avec Jésus-Christ. […].Cela n’implique pas de déprécier les moments de quiétude, de solitude et de silence devant Dieu. Bien au contraire ! Car les nouveautés constantes des moyens technologiques, l’attraction des voyages, les innombrables offres de consommation, ne laissent pas parfois d’espaces libres où la voix de Dieu puisse résonner. Tout se remplit de paroles, de jouissances épidermiques et de bruit à une vitesse toujours croissante. Il n’y règne pas la joie mais plutôt l’insatisfaction de celui qui ne sait pas pourquoi il vit.
Comment donc ne pas reconnaître que nous avons besoin d’arrêter cette course fébrile pour retrouver un espace personnel, parfois douloureux mais toujours fécond, où s’établit le dialogue sincère avec Dieu ? À un certain moment, nous devrons regarder en face notre propre vérité, pour la laisser envahir par le Seigneur, et on n’y parvient pas toujours si « on ne se sent pas au bord de l’abîme de la tentation la plus étouffante, si on ne sent pas le vertige du précipice de l’abandon le plus désespéré, si on ne se trouve pas absolument seul, au faîte de la solitude la plus radicale ». C’est ainsi que nous trouvons les grandes motivations qui nous incitent à vivre à fond les devoirs personnels.

Extrait de « Soyez dans la joie et l’allégresse » du Pape François