Jeudi Saint

Ce soir nous fêtons la Sainte Cène, le repas pascal de Jésus avec ces 12 disciples.

Cette fête est fondamentale pour nous Chrétiens.

Dimanche dernier, le dimanche des Rameaux, nous avons été exaltés par l’entrée triomphante de Jésus à Jérusalem mais bouleversés par sa passion qui suit pourtant immédiatement.

Nous sommes consternés et par cette versatilité de la foule qui acclame Jésus et quelques jours après le condamne à mort et par tout ce que supporte Jésus dans sa passion par amour pour nous tous, hommes pécheurs.

Jésus est entré à Jérusalem en homme de Paix et c’est pour tout le bien qu’il a fait, les œuvres de Dieu qu’il est acclamé.

Mais il est surtout le Dieu qui apporte sa Paix, sa paix divine en supportant l’insupportable et en pardonnant tout le mal épouvantable que les hommes lui ont fait.

De tout cela, il en a fait l’offrande au moment de sa passion.

Mais il en avait déjà fait l’offrande réelle et spirituelle lors du dernier repas qu’il a fait avec ses disciples.

Et même il en a fait l’offrande depuis le commencement de sa mission en s’abaissant et en se faisant homme.

En chemin, il avait déjà prévenu ses disciples par trois fois à l’avance qu’il allait être arrêté, livré, flagellé, torturé et cloué sur une croix pour le tuer et l’éliminer, le rejeter comme l’homme a rejeté Dieu depuis toujours et va ainsi à sa perte.

« Au matin de ce Jeudi Saint, Jésus songeait au moment où il donnerait son sang pour le rachat de l’humanité. Non seulement il voulait donner sa vie, mais l’heure était venue où il avait résolu de donner son corps, son âme, sa divinité, tout ce qu’il est, à ses amis au moyen de ce chef d’œuvre de son amour » ( Marthe Robin-MR).

Jusqu’au dernier moment, en ce jour du Jeudi Saint qui précède la pâque juive, il prend soin de ses disciples et de tout son entourage en les avertissant à l’avance avec une infinie délicatesse, une douceur extrême, une bonté suprême pour qu’ils puissent eux aussi supporter l’épreuve de sa passion et de leur propre faiblesse.

Il va à Béthanie chez Marthe, Marie, Lazare et tous ses amis pour faire ses tristes et touchants adieux, les réconforter et leur donner des consignes pour l’avenir.

Il rencontre sa mère pour la prévenir de tout ce qui se trame contre lui et lui permettre de jouer un rôle éternel dans sa passion.

Le soir, il invite tous ses disciples, à un dernier repas, un repas pascal juif à l’avance, mais un nouveau repas pascal qui inaugure le repas pascal Chrétien qui instaure réellement le Royaume pour la vie éternelle.

Au cours de ce repas, de toute sa personne, de tous ses gestes, de toutes ses paroles se dégagent un tel amour, un tel élan de divine tendresse, une telle densité de sa présence divine que Saint Jean déclarera : « Jésus, sachant que son heure était venu de passer de ce monde à son Père, ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, il les aima jusqu’au bout ». 

 

Rien ne l’empêche de donner sa vie par amour à tous les hommes pécheurs, et rien n’empêche à sa vie divine de se réaliser et se donner réellement dans les gestes et les paroles qu’il va poser.

Ce moment est d’une gravité extrême et d’où se dégage une joie surnaturelle infinie.

Il les averti « qu’avant de les quitter il leur laisserait tout ce qu’il avait, c’est à dire lui-même tout entier à eux ; et qu’il resterait parmi eux jusqu’à la consommation des siècles » (MR)

Au début de ce repas, il leur lave les pieds à tous, dans un geste bon et affectueux, y compris à Pierre qui refuse l’abaissement de Jésus et à Juda qui le livrera, en leur expliquant dans quel état d’esprit il le fait : un esprit de don total de soi dans le service des frères. « Le fils de l’homme n’est pas venu pour être servi, mais pour servir et donner sa vie en rançon pour la multitude ».

Alors il les invite à l’imiter dans le même esprit pour qu’il soient toujours unis à lui dans ces gestes de service et de don de soi par amour les uns des autres.

Il s’abaisse humblement, lui qui est le maître, en se faisant serviteur. « si donc je vous ai lavé les pieds, moi le Seigneur et le maître, vous aussi vous devez vous laver les pieds les uns les autres » ; « Que celui qui veut être le plus grand soit le serviteur de tous ». Et il leur lave les pieds dans un geste, non pas de jugement, mais de purification, et « pour que celui qui aura été purifié par l’eau des sacrements n’ai plus besoin que de se disposer à bien faire comme lui ». «C’est à l’amour que vous aurez les uns pour les autres qu’on reconnaîtra que vous êtes mes disciples ». « Je vous donne un commandement nouveau, aimez vous les uns les autres comme je vous ai aimé ».

C’est ainsi qu’a fait Jésus, le lendemain, en donnant sa vie jusqu’à la mort ignominieuse de la croix.

Puis, lui qui justement avait déjà résolu de donner son corps, son sang, son âme, sa vie divine et lui que ne voulait pas nous laisser orphelin mais veut demeurer toujours parmi nous, lui qui veut prendre soin de nous et nous fortifier par un pain de vie pour tous les jours, il prend le pain puis le vin, il les bénit, et dit : « ceci c’est mon corps livré pour vous, ceci c’est mon sang versé pour vous ».

Lui qui a créé le monde par sa Parole, lui qui a guérit les malades, apaisé la tempête, chassé des démons, relevé des morts par sa parole, lui qui est Dieu, dit : « ceci c’est mon corps, ceci c’est mon sang ». Oui il est réellement présent à travers ce signe du pain et du vin, dans ce sacrement de son corps et de son sang.

C’est l’efficacité de sa toute puissance divine, de la toute puissance de son amour qui se donne aux hommes pour qu’ils vivent dès maintenant de sa Vie et de son amour, en recevant son Corps et son Sang.

Recevoir Celui qui est la Vie, Celui qui est l’amour, Dieu qui se donne personnellement à chacun de nous ;

Le recevoir avec amour, avec l’amour dont il nous a aimé, voila notre fin, voila notre joie infinie, absolue.

 

Chers frères et sœurs, pouvons nous douter, dans ce moment d’une si grande gravité, d’une si grande densité d’amour et de Vie que les disciples furent dans une joie indicible et surnaturelle ?

Chers frères et chères sœurs, ce soir, et tous les jours, le Seigneur nous invite nous aussi à sa table Eucharistique, à sa joie.

Laissons-nous inviter, accueillons-le en nous offrant en retour de tout notre être et entrons dans sa joie.

Vendredi Saint

Vénération Croix

 

Au cours de sa Passion, Jésus est trahi, arrêté, renié, abandonné, conspué, jugé, condamné, flagellé, couronné d’épine, humilié, moqué, cloué sur une croix, mis à mort et finalement transpercé.

 

L’envoyé, le Messie, le Roi qui devait réussir, briller devient le serviteur souffrant.

« La multitude avait été consternée en le voyant car il était si défiguré qu’il ne ressemblait plus à un homme. Il n’était ni beau, ni brillant pour attirer nos regards. Il était méprisé, abandonné de tous, homme de douleur, familier de la souffrance, semblable à un lépreux dont on se détourne ; et nous l’avons méprisé, compté pour rien.

Pourtant c’était nos péchés qu’il portait, nos douleurs dont il était chargé. C’est dans ses blessures que nous sommes guéris »

 

Le pasteur divin qu’il était, prenant soin de ses brebis et les conduisant vers de beaux pâturages devient l’agneau immolé.

La preuve qu’il est le Vrai, le Bon pasteur, c’est qu’il intercède  pour les pécheurs, qu’il offre sa vie pour ses brebis jusqu’à devenir l’agneau immolé qui prend les péchés du monde et les expie.

 

Que Dieu ait souffert, qu’il ait connu la passion, l’injustice, le désespoir en criant : « mon Dieu, Mon Dieu pourquoi m’as tu abandonné », le rend crédible. Il n’est plus le Dieu Très-Haut dans le ciel, à l’abri, plus ou moins insensible à notre sort, ni le dieu magicien qui règle tous les problèmes.

Au contraire, il prend part à notre sort, à nos souffrances.

Celui qui est pleinement Dieu est aussi pleinement homme.

Il prend vraiment sa part, pleinement et mieux que nous.

Et, alors que nous, dans la souffrance, l’injustice, le rejet, … , nous nous révoltons, nous nous scandalisons, nous voulons en finir, Lui s’offre et pardonne.

 

Le mal ne le transforme pas, c’est lui qui transforme le mal.

Il est comme une éponge d’amour qui absorbe tout le mal, le consume et le purifie en un amour fécond.

Il est comme un humus qui absorbe tout le mal qu’on déverse pour devenir un terreau sur lequel les fleurs peuvent germer.

 

En Jésus l’amour et la vie sont plus forts que le mal et la mort.

Son amour a le pouvoir de transformer les cœurs et les esprits durs, secs et mauvais, en un cœur et un esprit touché, renouvelé, bon et généreux.

 

En souffrant Jésus s’offre lui-même, en mourant il remet son Esprit.

Il remet son Esprit à son Père pour que celui-ci lui rende la Vie.

Il le remet aux hommes pour que celui-ci les transforme, les régénèrent et leur rendre la Vie qui vient de Dieu.

 

L’Esprit de Jésus Christ, de l’Agneau pur, offert, immolé absorbe le mal et se répand dans le cœur des hommes.

C’est par ses blessures que nous sommes guéris.

 

En sa mort violente, Jésus vient me murmurer : « Tu as du prix à mes yeux et je t’aime. C’est pour toi que j’ai soufferts. Mon amour pour toi m’a coûté cher ; il m’a couté la vie.

Ma vie je te la donne par amour. Ne crains pas. Ouvre-moi les portes de ton cœur. Laisse moi venir chez toi. Laisse-moi déverser mon cœur transpercé dans ton cœur blessé ».

 

Chers frères et sœurs, que la passion de Jésus Christ déchire notre coeur pour qu’il puisse venir le guérir.  Amen

 

Veillée PASCALE

 

Tout Vient de Dieu et tout retourne à Dieu !

Dieu est l’Alpha et l’Oméga, le Commencement et la Fin de toute chose. Il est l’Eternel et il demeure éternellement.

Il est la Vie éternelle et il veut la partager.

Il nous tient dans sa main, dans son cœur, dans son Esprit.

 

Il nous a créé par amour, Lui qui est incréé, pour que nous vivions de sa vie éternelle, de sa divinité.

Il a créé l’homme à son image. A son image, c’est à dire

. des vivants portant la vie éternelle en eux-mêmes

. des aimants portant l’amour en eux-mêmes :

En eux-mêmes, mais pas  par  eux-mêmes.

 

Le dessin de Dieu, de toute éternité, est que l’homme, en se recevant de Lui, soit divinisé, participe à sa vie divine, surnaturelle, Eternelle.

L’homme, qui selon la nature, nous le savons bien, est poussière et retourne à la poussière, à la mort,  selon la grâce est créé, marqué dans son être même, pour la vie éternelle surnaturelle.

 

Mais l’homme a péché. Il n’a pas voulu se recevoir de Dieu.

Il n’a pas voulu reconnaître Dieu, la vérité, la vie éternelle que seul Dieu peut donner.

Il a voulu se faire par lui-même, devenir ce qu’il veut par lui-même, par son autonomie, sa propre vérité – il n’y a pas de vérité, chacun sa vérité -, son individualisme, comme le dit si souvent notre pape.

Il s’est séparé de Dieu, séparé de la grâce divine qui le prédestinait à la vie éternelle. Lui qui ne devait pas mourir par la grâce est devenu mortel sans la grâce.

 

Alors Dieu a voulu le sauver.

Toute l’histoire du Salut de l’homme est l’histoire de ce retour de l’homme à Dieu que Dieu lui-même a déclenché et que nous avons relu à travers tous les textes de la bible que nous venons d’entendre.

 

Dieu n’a pas cessé d’aimer les hommes, lui qui n’est qu’amour.

Il n’a pas cessé de nous donner sa grâce, sa Loi, ses prophètes pour que nous ayons la vie. Mais l’homme n’a pas cessé de ne pas le recevoir au plus profond de lui-même pour vivre de Lui et par Lui.

Alors Dieu a tant aimé les hommes qu’il leur a donné son Fils unique, Lui qui a donné sa vie pour nous et qui a le pouvoir de donner la vie Eternelle.   Sachant qu’il serait rejeté, il a voulu réconcilier les hommes avec lui en les aimant jusqu’au bout, jusqu’à leur donner sa vie et mourir sur la croix.

 

Les femmes de l’Evangile l’ont bien vu.

Comme les disciples elles avaient bien entendu les annonces de Jésus, de sa mort et de sa résurrection.

Alors même que,   comme la plus part des juifs, elles croyaient en la résurrection des morts à la fin des temps,   comme les disciples, elles ne comprirent pas ce que Jésus annonçait.

Avant hier, elles ont bien vu que Jésus est mort et qu’il a été mis au tombeau.   Mais quant à la résurrection de Jésus elle ne l’imagine même pas ; elles ne le comprennent pas.

 

Pourtant ce matin, avant le levé du soleil, à l’aurore,  comme nous ce matin,   venues au tombeau par amour pour Jésus avec qui elles ont parlé, marché, en qui elles ont cru, reconnu qu’il est le Fils de Dieu,   « elles voient la pierre roulée et un jeune homme vêtu de blanc, assis à droite dans le tombeau ».

Ce n’est pas ce qu’elles s’attendaient à voir et elles sont effrayées à sa vue.

 

C’est lui qui leur dit « Vous cherchez Jésus, le Crucifié ? Il est ressuscité : il n’est pas ici ». Et il leur montre la place vide. « Elles s’enfuirent, toutes tremblantes et hors d’elles-mêmes » de ce qu’elles avaient vu, de ce qu’elles venaient de vivre.

« Elles ne dirent rie à personne parce qu’elles avaient peur ».

 

Ce qu’elles croyaient depuis toujours que tout vient de Dieu et que tout retourne à Dieu pour la vie éternelle;   ce qu’elles croyaient depuis leur rencontre avec Jésus en qui elles avaient mis leur foi et leur amour,   ce que Jésus avait annoncé de sa résurrection,   elles ne pouvaient pas imaginer que ce soit arrivé, réel, ici et maintenant : Jésus est ressuscité.

 

 

Oui, le Christ est ressuscité, il est vraiment ressuscité !

Et cela change tout !

 

C’est la réalisation de la promesse du commencement, la promesse et la réalisation de la Vie Eternelle pour ceux qui croient en Jésus, ceux qui croient en Dieu et sont réconciliés avec Lui   et veulent se recevoir de Lui,   Vivre par Lui, avec Lui et En Lui.

 

Nous aussi aujourd’hui nous pouvons croire en Jésus, le Christ et faire mémoire de sa résurrection.

 

Nous pouvons croire parce qu’au fond de notre coeur et de notre conscience :

. Nous croyons que tout vient de Dieu et tout retourne à Lui.

. Nous croyons qu’il nous a créé par amour à son image pour la vie éternelle.

 

. Nous croyons que tout ce que dit la bible, tout ce que dit Jésus dans les évangiles est vrai et comble notre coeur : Jésus est le chemin, la vérité et la vie ; il est la résurrection.

. Nous croyons ce témoignage des femmes et des disciples qui confirme tout ce que nous croyons déjà.

. Nous croyons parce qu’aujourd’hui encore nous dialoguons au fond  de notre cœur et de notre conscience avec Dieu le Père, avec Jésus le Christ que l’Esprit Saint nous fait connaître : nous ne parlons pas à un inexistant ni à un mort mais à Celui qui est la Vie et qui nous la donne,   à Celui qui touche nos cœurs et les rempli de son Amour et de sa Vie.

 

 

Oui, ce matin le Christ est ressuscité, il est vraiment ressuscité.

Il est vivant auprès du Père, il est vivant au fond de nos coeurs. Il est notre vie, il est notre joie.

 

 

Chers frères et chères sœurs, Aujourd’hui,  c’est  ce que nous célébrons,  ce dont nous faisons mémoire, ce dont nous rendons grâce à Dieu.

 

Tout vient de Dieu et tout retourne à Dieu !

(Par lui, avec Lui et En Lui)

 

Alléluia ! Amen !

 

1° Dimanche de Pâques

Ce matin nous célébrons la Résurrection de Jésus.

Le Christ est ressuscité.   Il est vraiment ressuscité.

Mais c’est vraiment un acte de foi. Un acte de foi qui repose sur un événement, sur un fait, mais pas que !

Quand nous parlons d’amour nous avons beaucoup de chose à dire. Mais il est bien plus difficile de parler de sa foi.

Il est bien plus difficile de rendre compte que Jésus est ressuscité comme d’un fait vérifiable. Essayer de le faire ! Essayer d’en témoigner. Vous savez que c’est difficile surtout aujourd’hui et qu’on peut passer pour idiots ou manipulateurs.

 

Alors Imaginez la situation pour ses disciples.

Jésus est mort d’une mort infamante. Et cette mort infamante ne vient-elle pas tout remettre en cause de leur amour, de leur espérance, de leur foi en lui ? Ne se sont ils pas trompés ? Dieu aurait il laisser faire cela ? Serait il mort ?

Jésus en qui ils avaient mis tout leur espoir est mort. Tout est fini, terminé !

Et en plus certains l’on trahi, renié, abandonné, ils ont été lâches : leur amitié, même devant un mort est entachée.

Ils ont eu peur et ils ont encore peur : ils se cachent dans une pièce fermée à double tour.

 

Et pourtant tout va basculer.

 

Ils vont être trois à venir devant le tombeau vide de Jésus.

Trois témoins ébahis de ce que l’œil avait jamais vu, ni l’oreille entendu. Trois figures dont la foi ne repose pas seulement sur un fait plus ou moins vérifiable, mais sur la qualité de relation avec Jésus : la charité, l’espérance et la profondeur de l’intel-ligence spirituelle et que la Résurrection du Christ a rendu victorieuses.

La première arrivée au tombeau est une femme: Marie-Madeleine. Elle s’est levée matin, bien avant le soleil et s’en va rendre un dernier hommage à celui qu’elle aime et qui a bouleversé sa vie. Mais il est mort. Elle porte des aromates pour en oindre Jésus et l’embaumer. Elle veut poser le dernier geste d’un amour reconnaissant.

Elle est restée fidèle au commandement de Jésus: « Demeurez dans mon amour ».

C’est pourquoi Marie-Madeleine est pour nous la figure de la charité.

Elle nous apprend à croire en l’amour, à persévérer dans l’amour, en toutes circonstances, particulièrement lorsqu’il nous semble qu’il est devenu vain d’aimer.

Parfois nos manques d’amour, notre indifférence nous empêche de croire en Dieu.   Dans notre monde ou dans notre coeur, à quoi bon croire en Dieu, en son amour, en sa vie ? Alors encore moins croire en la résurrection !

Mais Dieu a créé l’homme par amour, il s’est fait homme par amour et il a donné sa vie par amour jusqu’à mourir … et Marie Madeleine y croit.

Mais elle trouve le tombeau vide et, bouleversée dans son amour, elle court prévenir les disciples.

 

Alors les Disciples courent ensemble au tombeau.

Jean arrive le premier mais il laisse la place à Pierre le 1° des Apôtres.

Pierre, arrivé le dernier,  entre le premier.

Il n’est pas fier de son rôle dans la passion. Il a renié Jésus trois fois! Mais, à l’inverse de Judas, dans son cœur, l’espérance en la miséricorde de Dieu est restée intacte.

Maintenant il court, il reste toujours attaché au Seigneur.

C’est pourquoi Pierre est pour nous la figure de l’espérance.

Dans le tombeau vide, il constate que le corps n’est plus là, mais que les linges sont pliés et rangés alors que si le corps avait été volé ils ne seraient plus là.

Il ne saisi et ne comprend pas tout de suite, mais quelque chose n’est pas cohérant pour parler de vol du corps. Il faut une autre explication : une fenêtre d’espérance s’est ouverte.

Plus tard, au jour de Pentecôte, c’est lui qui témoignera devant tout le peuple de la résurrection du Christ.

Bien souvent, notre péché nous conduit à un manque d’espérance en Dieu, nous fait douter de Dieu, de sa miséricorde, et de son dessein de vie pour nous.

Mais pour nous sauver de ce péché, pour nous redonner foi et espérance, Jésus a porté la Croix et il est mort en pardonnant.

Sa résurrection nous montre qu’il a vaincu la mort.

Malgré notre péché et la mort, Dieu nous ouvre l’espérance en la résurrection et la vie Eternelle.

 

Puis Jean entre.

il voit. Avec les yeux du corps, il voit la même chose que Pierre.

Mais il voit et il croit car à ce moment là, il voit avec les yeux de la foi, de l’intelligence spirituelle qui ouvre à l’intelligence des Écritures, à l’ensemble du dessein de Dieu pour l’humanité.

Il n’a pas besoin, comme Thomas, d’une apparition de Jésus montrant ses plaies. Déjà il comprend ce que toutes les Ecritures avaient annoncé: « il est ressuscité comme il l’avait dit»..

Il comprend que la foi n’est jamais vaine, parce que Dieu fidèle ne peut ni se tromper ni nous tromper : il prend tous les moyens pour nous conduire à la vie éternelle. Le Verbe s’est fait chair et il a donné sa vie pour nous et il est ressuscité.

Et c’est pourquoi Jean est pour nous la figure de la foi, cette foi qui ne repose pas sur des preuves ou des démonstrations, mais sur la confiance en la Parole de Dieu et en son dessein.

Parfois notre manque d’intelligence spirituelle, notre manque de Foi en Dieu et en sa providence nous font douter de Lui, de sa bonté de son existence. Alors comment croire en la résurrection, comment croire en la résurrection de Jésus ?

A celui qui met sa confiance en Dieu, dans le Christ, dans sa parole, dans son projet pour nous, alors il nous est donné de croire en sa résurrection et la nôtre.

 

Trois disciples, et un tombeau vide qui témoignent de la victoire du Ressuscité sur le péché et la mort.

Ce n’est pas par des preuves, des raisonnements qu’on peut croire en la Résurrection.

Mais c’est, devant la réalité de l’événement, par la qualité de notre relation à lui que nous pouvons croire en la résurrection.

C’est par l’Amour, l’Espérance et la Foi en Dieu qu’on peut croire en la mort et la Résurrection de Jésus du Christ Seigneur, Dieu fait homme venu pour nous sauver et nous entrainer dans la vie Eternelle.

 

En ce matin de Pâques, si Marie Madeleine, Pierre et Jean ont couru jusqu’au tombeau ouvert, c’est parce qu’ils l’ont rencontré ; ils l’ont aimé ; ils ont espéré et cru en Lui.

Ce matin, suivons-les avec les mêmes attitudes intérieures pour croire en la Résurrection du Seigneur et Sauveur et en la nôtre.

 

Soyons nous aussi les sentinelles du matin qui témoignent en ce monde que, malgré les apparences qui sont parfois contraires, le Christ est vainqueur, et que ceux qui l’aiment, qui croient et qui espèrent en lui partagent sa victoire, dès maintenant, et pour l’éternité.

 

Alléluia ! Amen !